M. Jaubert de Passa, Recherches historiques et géographiques sur las montagne de Roses et le cap de Creus, (Paris, 1833), pp. 83-84. Copied from Eduard Riu-Barrera who translated the entire article into Catalan and double-checked all footnotes.

 

"VII.  Monastère de S. Pierre de Rhodes.

Les Rhodiens, maîtres de la montage, élevèrent un temple à Vénus sur le revers nord et au pied du pic principal. Le navigateur l'apercevait comme un phare long-temps avant de doubler le promontoire (1), et les gardiens du temple étaient les premiers à signaler au loin dans la mer les vaisseaux de la métropole.

Tant que la colonie de Rhodes prospéra, ce premier monument de l'architecture grecque sur la côte ibérienne vit agrandir et embellir son enceinte et accroître sa renommée. Il donna son nom à toute cette portion the côte. Il y eut le port de Vénus ( Portus Veneris ), aujourd'hui Port-Vendres; le pic de Vénus ( Podium Veneris ), aujourd'hui Puig San Salvador, et le cap de Vénus ou promontoire d'Aphrodite, aujourd'hui cap de Creus. D'autres divinités subalternes protégèrent certaines localités. Cadaqués adopta le culte de Pan, avec son autel rustique et ses Lupercales. Plusieurs dénominations rappelent encore ce culte, et traduisent des noms qui effarouchèrent le pape Benoît VI, et le comte Ganzfred de Roussilon (2).

Après douze siècles prospères, un nouveau culte vint remplacer les fictions mythologiques, attaquer sans relâche tous les vieux souvenirs, et détruire les monuments destinés à les perpétuer. Le temple d'Aphrodite tomba en ruines, détruit par la main du temps, ou par le prosélytisme chrétien...

S. Paul Serge, apôtre de la Gaule narbonnaise, et disciple du premier S. Paul, vint en Catalogne, et n'eut, pendant deux ans, d'autre asile qu'une grotte sur la montagne de Rhodes. Sa mission commence; il quitte la grotte, et les ronces en bouchent l'entrée et éloignent le berger de cette solitude. Sous l'empereur Phocas, vers l'an 609, Félix, Pons et Épicine, prêtres, transportent en Espagne, per ordre de Boniface IV, les reliques de S. Pierre, de Ste. Concorde et de S. Modérat. Ils débarquent sur la côte nord du cap de Creus; mais, alarmés pour la sureté du dépôt qui leur est confié et pour le succès de leur message, ils cherchent un asile, trouvent la grotte et l'autel rustique de S. Paul, y déposent le reliques et se retirent. Plus tard, ils reviennent, et meurent anachorètes près des saintes reliques. D'autres cénobites leur succèdent, et, grace à la ferveur et à la charité des fidèles, un monastère s'élève autour de la grotte, qui devient chapelle souterraine. Ainsi parle la legende."

Later excerpt: "Quoi qu'il soit, un petit monastère, dédié à S. Pierre, existait vers l'an 650, sur l'emplacement du temple de Vénus pyrénéenne. ("Et impositum cidera Area, quam occupabat templum Veneris Pyrenae" Marca, 11, I, cap. XVI, num. 12, col. 96.)